« Mise en œuvre des droits des personnes handicapées : La FEBAH appelle à des actions concrètes »
La Fédération burkinabè des associations pour la promotion des personnes handicapées (FEBAH) a organisé, ce lundi 30 décembre 2024, une conférence de presse à Ouagadougou pour faire le point sur la mise en œuvre des droits des personnes handicapées au Burkina Faso.
En ratifiant la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et son protocole facultatif le 23 juillet 2009, le Burkina Faso s’est engagé à promouvoir, protéger et garantir les droits des personnes handicapées. Afin de renforcer la consécration juridique des droits humains des personnes handicapées, des textes législatifs et réglementaires ont été adoptés, interdisant explicitement la discrimination fondée sur le handicap.
Cependant, selon la FEBAH, les personnes vivant avec un handicap continuent de faire face à de nombreux défis qu’elles espèrent surmonter avec le soutien constant de l’État et de ses partenaires. Plusieurs décrets d’application restent en attente, ce qui limite la mise en œuvre effective des droits des personnes handicapées.
Le porte-parole de la FEBAH, Yacouba Sawadogo, chargé des affaires juridiques, a souligné que les consultations des organisations de personnes handicapées (OPH) lors de l’élaboration des politiques publiques sont souvent formelles, mais leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte. Dans le domaine de l’emploi, il a fait remarquer que les quotas de 10 % dans la fonction publique et de 5 % dans le secteur privé sont rarement appliqués. « En ce qui concerne la mobilité personnelle, l’autonomie de vie et l’inclusion dans la société, l’accessibilité des transports publics et privés reste insuffisante pour certaines catégories de personnes handicapées », a-t-il ajouté.
Pour le président de la FEBAH, Issa Palenfo, la structure existe depuis 1992 et existe dans les 13 régions du Burkina Faso. A lui d’ajouter que les problèmes sont multiples et diverses dans la mise en œuvre de ladite loi. « Lorsqu’il y a une attaque les personnes vivants avec un handicap sont les plus vulnérables. Et il convient de les protéger à travers la mise en œuvre des lois», soutient le Président.
En 2019, lors du cinquième recensement général de la population et de l’habitation (RGPH), des actions de plaidoyer ont permis l’introduction du questionnaire du Washington Group dans les outils de collecte des données. Cette initiative constitue une avancée significative, mais les OPH restent préoccupées par la généralisation de cette pratique dans les divers secteurs de l’administration afin d’assurer la disponibilité de données statistiques fiables et uniformes sur les personnes handicapées, conformément à l’article 31 de la CDPH.
Face à ces difficultés, la FEBAH a formulé plusieurs recommandations, dont l’application effective de la loi 012/AN du 1er avril 2012 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées. Elle recommande également le renforcement de l’autonomisation économique des personnes handicapées, notamment à travers la fourniture de matériel agricole adapté pour soutenir l’offensive agrosylvopastorale, ainsi que le financement de microprojets. Par ailleurs, elle appelle à la mise en œuvre effective du quota de 10 % pour les personnes handicapées dans la fonction publique et les établissements publics de l’État. Enfin, la FEBAH préconise la mise en place de mécanismes et de procédures pour faciliter l’identification et la prise en charge des personnes handicapées déplacées internes dans le cadre des interventions humanitaires.
Les conférenciers ont tenu à remercier l’ONG CBM pour son soutien technique et financier, ainsi que le Ministère de l’Action Humanitaire et de la Solidarité Nationale pour son accompagnement.
Sanfo Minata ✍🏼


